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Vignettes mémorielles

Apartheid

22 Décembre 2015 , Rédigé par Jean-Pierre Maillard Publié dans #Politique, #Histoire, #Voyages-Géographie

Si j'ai un regret c'est bien d'être allé en Afrique du Sud du temps de l'apartheid. C'était pour les affaires au début des années 80. A Johannesbourg on m'a fait voir de loin le Soweto d'après le soulèvement et au Cap, où je rencontrais les concepteurs (Spie, Framatome, etc.) de la centrale de Koeberg, on parlait de la probable partition, les blancs au Sud avec l'énergie nucléaire, les noirs ailleurs. Je n'ai pas tout compris, ai quand même refusé un safari, mais ne suis pas devenu pour autant membre de SOS racisme ou militant anti-nucléaire. Une dizaine d'année plus tard, c'était aux Etats-Unis, il n'y avait pas encore ce président noir qui d'ailleurs n'allait pas pouvoir changer grand-chose, mais Bill Clinton avait été élu et l'ambassade à Paris, en préparant le programme de voyage qui m'était offert, avait insisté pour me faire passer par Liitle Rock, « sa ville ». Comme souvent, interview à la télé locale, réception chez les patriotes locaux (pas loin du futur Tea Party), visite du musée tout aussi local, et rencontre avec une personnalité « locale » : Là ce fut le choc, c'était Daisy Bates, la grande journaliste et leader du droit des noirs qui avait, le 25 septembre 1957, accompagné (avec l'armée envoyée par Eisenhower, eh oui !) les neuf enfants faisant leur rentrée à la Liitle Rock's central High School. Je n'oublierai jamais la rencontre avec cette octogénaire dont je garde précieusement The long Shadow of Little Rock, qu'elle m'a offert. Je ne crois pas (comme tout le monde...) être très raciste, mais je peux dire que cette rencontre a eu une forte influence sur moi et m'a vraiment bouleversé. Comme quoi une rencontre...Dommage d'avoir attendu si longtemps pour s'intéresser ou au moins ne pas être indifférent à tous les gens « à part ». Certains m'ont exclu avant de m'admettre (ou après !), nous avions pris nos distances avec notre communauté d'origine, les luttes ouvrières n'existent plus et ne m'ont jamais totalement convaincu, après une première expérience politique et peut-être dès 68. Restaient (et reviennent heureusement en force) l'écologie et l'antiracisme. Là ne pas rester soi-même à part n'est pas évident car la récupération guette, l'individualisme menace et l'âge serait passé. Le temps est peut-être venu, comme on dit, des everyday makers, mais cela sonne malgré tout comme un renoncement ou un échec, il faudra y revenir. Voir Repères bio[D-F]

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