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Vignettes mémorielles

Giacometti à Landerneau

16 Décembre 2015 , Rédigé par Jean-Pierre Maillard Publié dans #Beaux-Arts, #Littérature, #Voyages-Géographie

Giacometti à Landerneau

J'avoue honnètement que, victime d'un cliché qui perdure, je ne savais guère, en Bretagne, où situer Landerneau. C'est pourtant, non loin de Brest, une petite ville sympathique, où la mer remonte par l'Elorn et dont le site et le pont habité valent largement le détour, mais si nous y sommes allés, c'est à cause de ...Giacometti ! Et ce grâce à la fondation culturelle qu'y a installée Edouard Leclerc, natif du coin, en action de grâce et mémoire de son premier hypermarché.
Je n'ai pas été déçu, bien qu'il soit toujours impossible, comme j'en ai toujours le désir, de se procurer une « reproduction en 3D » (comme disent les avocats de la Fondation Giacometti) d'une sculpture, aussi connue soit-elle. Je n'ai toujours pas compris pourquoi j'avais longtemps eu l'impression que toutes les têtes de Giacometti ressemblaient à celle de ...Chirac (Voir par exemple la stèle de 1958), mais heureusement les nombreux « portraits » exposés et datant de toutes ses époques de peintre, graphiste ou sculpteur, m'ont vite apporté un cinglant démenti, donnant une toute autre idée de l'artiste dans sa géniale totalité, qu'il fasse le portrait de Diego ou d'un autre.

Cette exposition, qui succédait pour nous à celle de Metz autour de MicheL Leiris (un des rares vrais amis de Giacometti), a été une révélation. Je suis tombé en arrêt sur la reproduction du texte de 1946 du dernier numéro de la revue surréaliste Labyrinthe (Le Rêve, le Sphinx et la mort de T.), que j'avais découvert il y a quelques années à Zürich (avec une très bonne reproduction chez un éditeur local) et où Giacometti dans une veine très rare d'introspection, nous donne à comprendre la quête obsessionnelle de toute une vie et d'une façon générale ce qu'on peut espérer saisir du rapport entre l'art et la réalité. Yves Bonnefoy, entre autres analyses éclairantes, a développé cela dans le livre assez révélateur (y compris de lui-même) qu'en tant que poète, il lui a consacré et qui m'a été offert à cette occasion, car à l'inévitable boutique du musée il était bien plus intéressant que le catalogue. En préparant cette vignette j'ai constaté qu'il n'était pas le seul à « reconnaitre » un frère qui parle à chacun au plus profond de soi-même : Michèle Finck nous donne envie avec Giacometti et les poètes de (re)lire, outre Bonnefoy, Celan et Dupin, ainsi que quelques autres. Jour pluvieux en Bretagne, mais ça valait le déplacement !

Voir repères bio[I]

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