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Vignettes mémorielles

Jean-Christophe Bailly

14 Décembre 2015 , Rédigé par Jean-Pierre Maillard Publié dans #Beaux-Arts, #Littérature, #philosophie-religion

Je ne connaissais guère de Jean-Christophe Bailly que le passeur du romantisme allemand et le géographe du Dépaysement et de la Ville Urbaine, mais cela m'avait suffi à deviner un poète philosophe [Ce qu'il est capable de théoriser, voir la publication récente de son de son recueil d'articles et conférences L'Elargissement du poème] et à me rappeler, tout en me demandant si c'était le même, un spécialiste de l'art entrevu en marge d'une exposition à Beaubourg. Avec la modestie qui le caractérise, mais non sans arguments, il récuse pourtant ces appellations parce qu'il écrit plutôt sur le mode de «l'étoilement » à la manière de Michel Leiris, qu'il admirait particulièrement depuis sa fréquentation des surréalistes. J'ai depuis eu l'occasion, à la fameuse librairie Le Livre de Tours, de le rencontrer et de réaliser que c'était vraiment un auteur très profond, éclectique et attachant, ne manquant ni de lucidité ni d'humour, complice pourtant et reconnu des plus grands (Nancy, Lacoue-Labarthe, Celan...). En attendant sans doute d'autres découvertes, dans la ligne de son Champ Mimétique, je peux dire par exemple que L'instant et son ombre a été pour moi une vraie « révélation ». Impossible, après ce rapprochement érudit (On remonte au Sophiste : « L'image entrelace l'être et le non-être » !) entre un des premiers clichés de l'art de la photo (La Meule de foin, calotype de Talbot) et L'Echelle et l'ombre « photographiée » d'Hiroshima, de ne pas être obsédé par l'idée que «chaque image est potentiellement le recel d'une autre ». J'y reconnais mes réticences, mais aussi mon désir de les dépasser, par rapport à la photographie. Je n'éprouve encore que rarement une émotion forte lors d'une exposition de photos, mais c'est un art qui finira par m'attirer vraiment, ne serait-ce qu'en symbiose avec tous les autres et par son accessibilité même. Peut-être parce que cela peut induire une meilleure attention aux objets, mais là encore il faut faire modeste. Tout le monde n'est pas Bonnefoy (Poésie et photographie) nous obligeant à relire, comme une méditation sur la photo, La Nuit de Maupassant. Merci Jean-Christophe ! A noter depuis la première rédaction de cette vignette la parution du n°d'été 2016 de la revue Europe consacré à Jean-Christophe Bailly.
Voir repères bio[I]

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