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Vignettes mémorielles

Richard Strauss

18 Janvier 2016 , Rédigé par Jean-Pierre Maillard Publié dans #Musique

Richard bien sûr, même si le séjour à Vienne ne nous a pas laissés indemnes de toute nostalgie johannesque. Et plus je mûris en sérénité, plus Richard Strauss s'incruste dans mon panthéon musical. Wagner reste au-dessus de tout pour avoir osé réinventer l'inexprimable mais Strauss, comme Mahler et quelques autres, n'en est pas que l'épigone. . Je me demande, c'est vrai, quelle musique aurait inventé Mahler s'il avait vécu plus longtemps ou si, encore trop romantique, il n'avait pas été submergé par l'évolution de ses sentiments, comme le pense Adorno. Pour autant, malgré la fécondité du concept, je ne suis pas tout-à-fait d'accord avec ce dernier qui oppose un Mahler « unzeitgemäss » (dans la sublime vérité, mais solitaire comme d'autres génies viennois) et un Strauss « zeitgemäss » plus réaliste (homme aussi d'opéra, la narration y restant soi-disant comme suite d'actions extérieures à la musique). Car si les deux, comme Wagner d'ailleurs, peuvent être dans la violence à la limite de la tonalité, dans l'Elektra par exemple (Nous étions à Aix avec Chéreau en 2013 !) et si certaines pages de l'un ou l'autre sont comparables (l'un plus génial pour les voix et les cordes, l'autre pour les cordes et les percussions), je suis frappé par la plénitude de Richard Strauss. Déjà présente dans les grandes œuvres comme Métamorphoses , Tod und Erklärung ou ein Heldenleben , elle s'infléchit d 'humour et même d'autodérision (le Capriccio !), au fur et à mesure de la vie et de l'Histoire au point d'atteindre une sérénité incroyable, retrouvant les accents de sa jeunesse, jusqu'aux notes et rythmes, auto-citations incluses : Qu'il suffise de mesurer tout ce qui rapproche et sépare tout à la fois le Morgen de l'opus 27 du détachement apaisé de l'Abendrot des Vier letzten Lieder de 1948 . Je possède, en dehors de l'édition quasi complète du compositeur, une dizaine de versions de ce morceau fétiche. De quoi pardonner (?) à Strauss d'avoir congédié Stefan Zweig (son « librettiste ») et d'être resté sous Hitler comme Furtwängler et quelques autres. Reste que « So tief im Abendrot./Wie sind wir wandermüde–/Ist dies etwa der Tod ? ».
Voir Repères bio[C-I]

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