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Vignettes mémorielles

Prisme, le journal

6 Février 2016 , Rédigé par Jean-Pierre Maillard Publié dans #Media, #Politique, #Ardennes-Touraine

Prisme, le journal

Rien à voir avec le programme de cyberespionnage américain du 21ème siècle. Ce fut mon premier journal, lancé à 17 ans dans le cadre de l'aventure du Conseil des Jeunes de Sedan, poursuivi au niveau ardennais puis parisien avec France-Jeunes, publication du Conseil National des Jeunes. J'ai de ces premières expériences un souvenir précis des comités de rédaction, des recherches de financement et de mise en page, du travail avec l'imprimeur, etc. que nous avons retrouvés à plusieurs reprises, à Bogotá dans le genre pédago emmerdeur, et surtout dans les années 90 avec la rédaction et la gestion de la Lettre Européenne de l'Education.
Les textes écrits à ces premières occasions, et sous divers pseudonymes, sont des témoignages pas inintéressants des époques concernées, en particulier de ce qu'était l'information et la culture de jeunes provinciaux de la génération de l'après-guerre, mais aussi de vrais « tempéraments » journalistiques et, pourquoi pas, d'une vocation manquée. Je me souviens par exemple d'une Tribune libre étudiante, très influencée par Bourdieu et Passeron et signée Jean-Pierre LeStrat, d'avant 68 (dans ce qui sera le genre La France s'ennuie de Viansson-Ponté), et aussi d'une polémique assez virulente, dont s'est mêlé également Alain Bosquet (lui de la génération des quadras), et le journal Combat,avec le très respectable et académicien Pierre-Henri Simon, critique littéraire au Monde, qui s'était permis, dans sa Lettre ouverte Pour un garçon de vingt ans, de critiquer nos mœurs et nos idées. Il s'est pris d'Olivier Robert, un autre pseudonyme du journal (comme Pierre Dorval), une belle volée de bois vert. Voici un extrait « significatif » :
"Je le dis une bonne fois : on peut n'être ni technocrate, ni scout, ni communiste et refuser d'être jugé sur des histoires de ce genre que rapportent l'Express et P.H.Simon à son tour complaisamment pour se rendre compte que cet exemple n'est justement pas « significatif ». Je cite : Une fille de seize ans avoue à sa mère qu'elle est enceinte ; et comme sa mère, atterrée, demande de qui, la petite répond avec le plus parfait naturel : Après deux mois de vacances, comment veux-tu que je sache ? ». Ceci dit, P.H.Simon était un homme honnête et engagé, mais nous étions à une autre époque. Qui, de ce normalien résistant devenu notable ou de nous, jeunes sans diplôme ni droit de vote, avait raison et qui imaginait la suite ? Question toujours valable, mais les journalistes, et peut-être les sociologues, puisque les politiques sont hors-jeu, restent peut-être les seuls, en attendant les philosophes, à avoir la clef. D'où l'intérêt du métier et leur énorme responsabilité.
Voir Repères bio[B]

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