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Vignettes mémorielles

Comment faire grève ?

17 Avril 2016 , Rédigé par Jean-Pierre Maillard Publié dans #Education, #Enseignement international

Comment faire grève quand on est retraité ? Elève j'en avais eu l'envie, mais cette modalité n'était pas encore admise et il a fallu à l'époque trouver un autre type de manifestation médiatisée (les CDI), les « grèves » d'élèves je connaitrais plus tard, pour l'observation ou le maintien de l'ordre. La vraie grève, je ne l'ai fait qu'une fois, jeune fonctionnaire contre une inspectrice, et puis, quelques années après, je l'ai vraiment vécue...comme patron ! Pour comprendre ce qui est arrivé, il faut savoir qu'à mon époque un chef d'établissement scolaire à l'étranger était un véritable chef d'entreprise et qu'à Madrid (le plus grand de tous), la masse salariale, à part quelques postes d'enseignants en voie de disparition rémunérés (« au barème ») directement par le Ministère des Affaires Etrangères, représentait la grande part du budget, comme c'est d'ailleurs le cas en France sans qu'on s'en aperçoive. Tout investissement sérieux supposait de la contenir. Comme mon prédécesseur dans les fonctions de proviseur, avant de partir, avait été très généreux pour les salariés « recrutés locaux », il ne me fut pas difficile la première année, face aux parents (un tiers du conseil d'administration), voulant limiter les droits de scolarité qui constituaient l'essentiel des ressources, et aux représentants du personnel (un autre tiers), souhaitant évidemment une augmentation, d'imposer un équilibre permettant de lancer de véritables projets. Mais la deuxième année, quand je demandai un effort supplémentaire, ce fut une autre histoire. La grève, massive, avec ses discours exhaltés et ses piquets violents, fut déclenchée par UGT et Comisiones Obreras, dont c'était la première grève in situ depuis Franco, suivies par suivisme par les syndicats français qui furent obligés de m'exclure du syndicat minoritaire (le SGEN-CFDT) auquel j'appartenais à cause de son engagement pédagogique. Non sans m'exprimer leurs « regrets ». J'ai tenu bon et je risquais fortement le rappel « diplomatique » mais j'ai été soutenu par ma hiérarchie, ce qui fait que la suite de mon mandat a pu se dérouler dans d'excellentes conditions, tant dans les rapports internes que dans les actions de développement. Il y a sans doute des leçons à tirer qui me classeraient dans la ligne des réformateurs de gauche, ce qui n'est pas forcément un compliment, mais ce qui m'a frappé le plus c'est finalement une certaine hypocrisie dans les syndicats, français comme espagnols, souvent coincés par un corporatisme consubstantiel, malgré nombre de personnalités compétentes et attachantes . Comble du paradoxe (Rappelons que la gauche était au pouvoir) : Où me proposait-on d'aller en stage un des étés suivants comme proviseur ? Chez Fleury Michon, histoire de voir pour les projets d'établissement si l'élève était un objectif ou un produit ! Heureusement, sauf pour quelques marchands de soupe, jamais un établissement scolaire ne sera qu'une entreprise. Ceci dit, la question est plus générale et comment faire grève quand on est retraité Voir Repères bio[E]

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