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Vignettes mémorielles

Maroc, Maroc...

2 Avril 2016 , Rédigé par Jean-Pierre Maillard Publié dans #Politique, #Voyages-Géographie, #Musique

J''ai l'impression d'avoir encore entrevu en ce siècle au Maroc les trois rêves de Montherlant dans La Rose de sable : « le rêve français (réduire, gouverner, exploiter), le rêve artiste (danseuses, jasmin, petits garçons), le rêve humain (assimilation, fraternité, justice) ». Ridicule évidemment puisque je ne partage pas grand chose avec Montherlant et que l'époque... Mais justement j'ai mis du temps avant de réaliser que je continuais, dans les fonctions qui étaient les miennes, au demeurant passionnantes et enrichissantes, à servir, avec le soi-disant franco-arabe (à mon avis un des fleurons de l'enseignement international), un système parfaitement dans la ligne de Lyautey et allant contre les véritables intérêts de ce pays. J'ai fait mon coming out dans une conférence à l'Institut du Monde Arabe, qui m'a valu quelques déboires, puis plus tard dans un courrier publié au Monde Diplomatique, et beaucoup doivent penser, non sans raison, que c'était un peu cracher dans la soupe. Et de fait je n'ai jamais bu autant de whisky qu'avec des amis marocains (évidemment de la haute et mariés à des françaises) qui avaient certes leur part de talent (cuisine, architecture, médecine, économie, télécom) et de générosité (par francophilie sincère et sans jamais chercher de contre-partie) mais aussi, il faut bien le reconnaître et comme tant d'entre nous, d'indignité et de lâcheté. D'avoir frayé avec eux reste pour moi comme une sorte de honte du rêve français, mais je ne leur jette pas la pierre et m'estime le seul responsable. Heureusement le rêve artiste (encore de mon temps hélas exploité par certains dans sa dimension pédérastico-colonialiste) n'a donné pour nous que du bonheur : le jasmin en effet (après l'orchidée colombienne), des chocs esthéticotouristiques (Fès surtout et le désert) et sans doute, pour d'aucuns définitivement, la musique. Je n'ai jamais vraiment apprécié ni le flamenco ni les mélopées et modes mélodiques arabes (malgré un concert privé Musique et Poésie à Salé où s'était fourvoyé Abdellatif Laâbi), et je n'ai jamais eu la capacité ni le courage d'apprendre même des rudiments de la langue mais j'avais pleinement conscience, choisissant le Maroc après l'Espagne, de rechercher El Andaluz. Depuis je ne regrette pas ce pays cher à Myriam et à Myrto et en accepte la nostalgie, autant les affiches coloniales que l'histoire de l'ambassadeur du Maroc en Angleterre revendiquant son ascendance andaluz, sans compter les poufs, Matisse et autres tapis ! Quant au rêve humain, la seule chose que j'ai maintenu bec et ongles c'est une certaine fidélité à l'associationisme. Je suis toujours l'évolution de ce pays, en particulier grâce à un de ses meilleurs historiens, maintenant professeur à la Sorbonne, qui était à l'époque un de nos professeurs (en classe prépa) au lycée de Rabat, mais je ne suis retourné depuis qu'une fois au Maroc : J'ai eu tort (d'y être retourné ou qu'une seule fois ?). Voir Repères bio[G]

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