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Vignettes mémorielles

Démission au Canard Enchaîné

22 Mai 2016 , Rédigé par Jean-Pierre Maillard Publié dans #Media, #Politique

Démission au Canard Enchaîné

Cette scène appartenait au Roman Inachevé qu'avait commencé à écrire un ami poète et politique sur un scandale ordinaire dont nous fûmes des témoins privilégiés aux alentours de mai 81. Elle se passe au bar du Normandy Hôtel, c'est là que nous avions rendez-vous avec feu P. Vauthier du Canard Enchaîné à propos du rapport qui allait aboutir à la condamnation par la Cour des Comptes des principaux responsables de l'Association créée par Deschamps dont j'avais été le Directeur Général Délégué jusqu'à mon éviction, pour cause de « dénonciation-trahison » lors d'une séquence inénarrable du Conseil d'administration du bel hôtel particulier de l'ancienne rue Bugeaud du 16ème. Il ne manquait rien à l'atmosphère sombre des tractations occultes et nous n'étions pas les seuls à table à nous consacrer à ce genre. « Décidément il y en a marre des frangins », fut la conclusion du journaliste.
Nous laissâmes un double de l'épais dossier qu'on a toujours gardé en triple exemplaire, avec toutes les explications nécessaires et le mardi suivant nous recevions copie de l'article à paraître le lendemain. Las ! L'avocat du Canard, frangin notoire et futur ancien ministre (d'abord des Affaires Européennes où il succéda au ...président de la dite Association passé à la présidence de la ...Cour des Comptes !), s'opposa apparemment à l'article. Le journaliste eut l'élégance (?) de nous envoyer copie de sa lettre de démission, qui ...fut refusée ! Heureusement (pour la vérité historique!) le dossier fut repris par de nombreux journaux et hebdomadaires de janvier à juin 1984 et plusieurs n'ont pas hésité à rendre compte des atermoiements du Canard. Et même, ce qui lui donnait de l'importance et constitue le comble d'une ironie digne du palmipède, à relier l'affaire à celle des « Avions Renifleurs », ce que suggéraient aussi, bien évidemment, nombre de parlementaires. Je te tiens, tu me tiens par la barbichette. On a oublié, mais quelle époque et quelle presse ! Il est vrai que cela n'a pas beaucoup changé. Je pourrai au moins dire que, sorte de lanceur d'alerte avant la lettre, j'ai vu cela de près !
Voir Repères bio[D]

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