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Vignettes mémorielles

Le fandango et le clavecin

12 Mai 2016 , Rédigé par Jean-Pierre Maillard Publié dans #Musique, #Beaux-Arts

C'est par le fameux fandango du Padre Soler que j'avais redécouvert le clavecin, qui m'était devenu insupportable, probablement par une certaine confusion avec l'orgue (bien que cela n'ait rien à voir !) ou à cause d'interprétations sèches et anciennes mal servies par la discographie (beau-)paternelle et des « tourne-disques » défaillants. Et, je m'en souviens parfaitement, c'est par le début du film de Walerian Borowczyk, La Bête, vu dans les années 70, que j'ai eu la révélation de l'extraordinaire puissance d'entraînement de ce fabuleux fandango, qu'il faut bien qualifier d'érotique, faute de mieux. Je ne connais guère que la non moins fameuse valse de la Jazz Suite n°2 de Chostakovitch (malheureusement galvaudée par la récupération cinématographique ou publicitaire) qui atteigne ce degré d'intensité. Ou certains textes d'André Pieyre de Mandiargues. Ou certaines musiques de Monteverdi ou Purcell. Clavecin, antérieur au piano, retour aux sources ? Je n'ai pas gardé en mémoire des images de ce film, à part peut-être un vague château genre Moulinsart, quelque peu sadien, comme dans la version de la Traumnovelle de Schnitzler par Kubrick. Mais je me souviens parfaitement du fandango et j'apprécie de plus en plus le clavecin, moins romantique que le piano et tout aussi envoûtant.
Cela m'a en particulier permis, grâce aussi au JJK de l'épinette, de (re)découvrir une bonne partie de l'oeuvre de Jean-Sébastien Bach, chose impensable autrefois, que j'écoute désormais assez régulièrement, en particulier les quatuors de la maturité, car j'ai toujours un certain rejet des symphonies (sauf la septième). Quant à l'orgue, je ne sais quelle appréhension (peut-être son caractère religieux ou son côté choral) me retient encore. Tout cela ne me fait que regretter plus de n'avoir pas de formation musicale ou de ne pas toucher d'un instrument. J'envie ceux qui ont l'oreille absolue et me définis donc comme un mélomane de base, aux goûts modérément éclectiques, appréciant les radios (Beaucoup à dire sur leur évolution), les CD (quand ils fonctionnent encore et faute d'avoir gardé les 33 tours) et les DVD, en attendant d'être obligé de passer à l'écoute par internet. Sauf que, bêtement, rien ne vaut l' « exécution » « en live », ce que Dieu merci nous pouvons encore nous permettre, à Paris mais aussi en province.
Voir Repères bio[C]

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