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Vignettes mémorielles

Projet (d'établissement)

4 Mai 2016 , Rédigé par Jean-Pierre Maillard Publié dans #Education, #philosophie-religion

C'est un de ces mots qui semblent simples et indispensables, mais qui souvent occultent ou manipulent. Je m'en méfie, sans doute à tort car cette aversion pour la notion de projet est rarement partagée, mais c'est alors pour des raisons variées et contradictoires et toujours significatives : réticence à anticiper quand ce n'est déjà pas si mal de vivre le présent (sans compter le poids du passé), angoisse ou doute de soi devant l'avenir, tendance à la procrastination ou à la nostalgie, échecs personnels ou générationnels, hésitation à se fixer des objectifs par par crainte de l'évaluation, etc. Ce n'est pas une question d'âge, même si la vieillesse émousse souvent le dynamisme. C'est plus une question de logique, et finalement de sémantique. J'ai connu l'époque (les années 80) où le concept de projet était passé de la politique (d'où elle ne s'est maintenu de fait que comme discours) à l'entreprise (où elle continue à régner à tous les échelons du powerpoint), à partir de laquelle, idéologie libérale aidant, elle envahirait de façon perverse tous les secteurs de la vie personnelle et des institutions. Mon scepticisme s'est forgé il y a longtemps, lorsqu'il s'est agi d'introduire cette idée dans l'Education Nationale.
C'est ainsi qu'à la demande de cette institution, que je n'avais pas eu le courage de quitter, le seul stage (en tant que proviseur) que que j'ai jamais accepté de faire dans ma vie, si j'exclus mon année sabbatique chez le Francis du BELC, fut chez ...Fleury Michon ! Ça m'a au moins permis d'approfondir, quelques années après mes cours sur Langage et communication, mes connaissances publicitaires et de découvrir précocement la Cinéscénie du Puy du Fou ! Du projet d'entreprise au projet d'établissement ? Je n'ai jamais pu comprendre si le projet éducatif ou pédagogique était à l'extérieur (civique, national, que sais-je ?), ou interne, et dans ce cas si l'élève (ou le groupe) était un produit (à évaluer) ou un objectif (naturellement « au centre du système »), mais j'ai, le fameux powerpoint à l'appui, déliré il n'y a pas si longtemps encore (c'était au Vietnam) sur le savoir-faire des projets d'établissement bilingue, dans la ligne de ce qu'on a appelait jadis une expertise. Comme quoi les stages servent aux stages ou de l'art de tourner en rond. Sauf, m'objecte-t-on, que si vous n'avez pas de projet...J'ai envie de répondre : faîtes (-vous) au moins des promesses. S'agissant d'anticipation, je préfère presque la notion de plan (mais pas gross !), de perspective ou de trajectoire (avec ou sans destin). Finalement la vraie question est : Le but est-il la vie ou la mort ? Pour la vie, il vaut mieux un projet collectif (le familial en fait partie) ou politique (au sens large), pour la mort il vaut mieux un projet artistique ou religieux. Le reste, comme d'ailleurs cette vignette, n'est que remplissage c'est-à-dire illusion (éventuellement positive) ou ennui (assez répandu). « Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne pas savoir demeurer en repos dans une chambre... ». Pour une fois je ne me réfère pas à Montaigne. Mais il est vrai qu'on a fait beaucoup plus raffiné depuis : La mode est désormais de se mettre "en mode projet" ! Voir Repères bio[E]

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