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Vignettes mémorielles

Tristan et Yseult de Wagner

29 Mai 2016 , Rédigé par Jean-Pierre Maillard Publié dans #Musique

C'est par Tristan que j'en suis venu à Wagner, et qu'il faut y venir, avant de passer à la Tétralogie (indépassable) puis peut-être quand même à Parsifal, après Lohengrin. Je le dois à la nécessité de subir en 1966 ou 67 une épreuve d'ancien français pour avoir ma licence de lettres. Un peu comme plus tard avec le Roman de la Rose de l'agrégation, je n'avais vraiment pas lu le texte de Béroul ou Thomas, ayant à l'époque d'autres chats à fouetter que de me consacrer à ces études, mais j'ai pu plaire à mon interrogateur en lui parlant ...musique, à quoi je ne comprenais guère plus, mais au moins j'avais entendu un disque que possédaient mes parents, probablement des extraits du genre Prélude et Mort d'Yseult, et cela a suffi à occuper le terrain et à faire noter le notateur. J'ai depuis passé à cette œuvre des dizaines d'heures (surtout Furtwängler bien sûr) dont quelques-unes en live à l'opéra (et récemment encore au théâtre des Champs-Elysée), m'aidant souvent du vieux numéro de l'Avant-Scène, utilisant même mon peu d'allemand, et quoique incapable de lire, et donc d'esquisser au piano, les suites de notes caractérisant les Leitmotive, je les (re)connais presque par cœur, bien qu'il y ait beaucoup à dire sur la mémoire de la musique. J'ai longtemps préféré le début, en privilégiant l'idylle et l'impossible amour, puis dans la même logique tout le drame musical du troisième acte, mais désormais je prends mon plaisir au deuxième, (qui contient autant tout que le prélude et la mort), réputé plus difficile d'accès, voire interminable, appréciant même finalement le personnage du roi Mark'h. Tragédie extraordinairement profonde de la lumière et de la nuit. La Nuit...Ô sink hernieder Nacht der Liebe ! Que descende sur nous la nuit de l'amour ! C'est ainsi que chacun dans la durée, goulûment ou frissonnant, peut goûter Wagner et s'y revivre, tout en se méfiant (mais non sans fascination) de tout basculement, du romantisme au mysticisme, comme de l'anarchisme au nationalisme. Nietzsche, en s'y reprenant, du dramaturge et de la musique, a tout dit. Mais je comprends qu'on puisse, sans pour autant être accusé de le réduire à la chevauchée des Walkyries, être exaspéré par les fans se revendiquant happy fews de celui qui reste pour moi, malgré ses tares, avec Bach (plus que Mozart), le plus grand génie musical d'occident.
Voir Repères bio[B]

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