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Vignettes mémorielles

Principe de subsidiarité

12 Juin 2016 , Rédigé par Jean-Pierre Maillard Publié dans #Politique

C'est le type de concept, comme longanimité ou équanimité, qui doit probablement à son rythme et à son mode de fabrication latine d'avoir pris une certaine importance dans ma réflexion et peut-être ma façon d'être. J'ai longtemps pensé, peut-être même initialement (dans l'action des CDJ), en tout cas dès ma prise de conscience politique (en gros 68) et après mes premières responsabilités, que c'était (avant que le mot soit employé) la clef d'une réflexion politique véritablement soucieuse d'action, et ce quels que soit le contexte idéologique ou l'évolution sociale. Je me suis donc intéressé aux débats sur ce thème, vite entaché malheureusement de technocratisme (européen), comme j'en prenais de plus en plus conscience avec la publication de la LEE. Trouver le bon niveau de décision et d'action n'est pas simple, mais si le principe de subsidiarité ne marche pas c'est que, le principe de suppléance cher aux technocrates bruxellois n'étant qu'une fausse fenêtre, l'ensemble du système ne s'y prête pas et surtout manque de flexibilité : par exemple quel est l'échelon décisif dans ce domaine de l'école que j'ai bien connu ? Parfois la classe, parfois le niveau de classe, parfois le cycle, parfois l'établissement, le « bassin » et quelle collectivité ? On débouche vite sur la notion d'autonomie, mais autonomie de quoi ? Et quid de la solidarité ? De l'égalité ? Etc. Concept intéressant donc et non partisan mais ambigu, manquant de vigueur intellectuelle et surtout vite confisqué ou récupéré par les castes au pouvoir, comme la quasi totalité des concepts politiques. Les idéologies « de gauche » mourant depuis 1968 au fur et à mesure que je les découvrais, je peux finalement en conclure avoir toujours été en retard d'une guerre. Pourtant je n'ai à rougir d'aucun des combats menés, surtout quand ils étaient contre et dans la proximité (famille, hiérarchie, corruption). Car lorsque j'ai combattu pour (telles entreprises ou associations nationales, telle communauté, l'Etat) j'ai souvent réussi, au moins partiellement, mais me suis évidemment heurté sans illusion à la technocratie ou l'anonymat, au bout du compte sans résultat sur le long terme. On verra par là que je n'admets pas plus la réussite que l'échec. Mais peut-être n'ai-je tout simplement jamais admis que dans subsidiarité il y a subsidiaire et que dans principe de subsidiarité il y principe. Bref, est-ce que 1=2 ? Possible (comme 7=8), aurait dit Jacques le Fataliste. Conception somme toute hélas (car ça n'avance pas à grand-chose) post-moderne !
Voir Repères bio[F]

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