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Vignettes mémorielles

La chapelle de ma vallée

17 Juillet 2016 , Rédigé par Jean-Pierre Maillard Publié dans #Ardennes-Touraine, #philosophie-religion, #Beaux-Arts

La chapelle de ma vallée

Il y a quelques chapelles dans ma mémoire, liées à l'enfance comme celle des Saints volés d'Auflance (non loin d'Orval) ou à quelques voyages médiévaux, mais je suis tombé il n'y a pas si longtemps en arrêt dans notre propre vallée vaubraunienne sur ...une nouvelle chapelle ! En fait elle n'était que provisoire et, avant parait-il de devenir un garage à voiture, n'était qu'une contribution au concours des quartiers illuminés pour la période de Noël, laquelle soit dit en passant est prolongée ici jusqu'à la Saint Vincent de ...Saragosse, patron des ...vignerons ! Mais elle était si réussie, avec son autel intérieur, ses prie-dieu, ses vitraux, que je l'ai prise un instant, ce n'était pourtant que de jour, pour une vraie chapelle. Dans ma réflexe quoiqu'admirative indignation (Ce n'était pas qu'une crèche!), j'apostrophai le voisin balzacien, heureusement de façon soft et finalement ambiguë : Vous avez vu la chapelle ? Réponse : C'est génial, ils méritent vraiment le premier prix. Réaction confirmée depuis par plusieurs personnes de mon entourage, étonnés de mon étonnement qui, faut-il le préciser ?, n'a rien à voir avec les polémiques sur la laïcité mais plutôt sur l'impact de notre culture, qui est bien religieuse, mais dans quel sens ?
Je reconnais que ma réaction première avait quelque chose de réactionnaire, qui souligne ma difficulté à éprouver d'emblée une quelconque empathie populaire. J'avoue mon peu d'appétence pour les fêtes de la lumière ou du voisinage, quels que soient mon respect et souvent mon admiration pour les gens de la vallée, qu'ils soient engagés généreux au service de la collectivité, vieux sages, jeunes en recherche d'identité, étrangers en mal de nature française, handicapés pensionnés, couples à leur manière ou retraités en jardin et bricolage, et d'autres encore inconnus et aussi courageux, car la population, comme l'habitat, se renouvelle. Pour autant, de la crèche à l'autel y a-t-il une simple dérive ou une apothéose du nain de jardin ? Où commence et où finit l'art populaire et donc l'art tout court ? Il en va de même pour la pensée et finalement, comme disait ce con clerc de Julien Benda, dans cette vallée encore silencieuse, qui a gardé -ce n'est pas du tout un esprit de clocher- quelque chose entre le haut et le bas des distinctions sociales et même féodales d'antan, du temps de Papillon de Lasphrise, on passera « de la pensée fière et lointaine à celle qui descend [pacifiquement] dans la rue ». Pourvu que ça dure !
repères bio[I]

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