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Vignettes mémorielles

Madrid ou la Luna de la movida

5 Juillet 2016 , Rédigé par Jean-Pierre Maillard Publié dans #Voyages-Géographie

Il en est des villes comme des paysages. Comme beaucoup de grands poètes le vivent et même, comme Bonnefoy, l'analysent très bien, ils prennent possession de notre imaginaire d'une toute autre façon que le souvenir de notre expérience. Les deux n'en sont pas moins liés. C'est ainsi qu'à la différence de Vienne par exemple, ce que je retiens de Madrid, où nous avons vécu six ans, ce n'est pas tant l'établissement qui m'a apporté la maturité professionnelle et en quelque sorte diplomatique ainsi qu'une certaine forme de « réussite », mais c'est le coeur d'une ville, qu'à l'exception des musées et des environs (Aranjuez, Tolède, etc.) je n'ai pourtant pas approfondie à l'occasion de ce mandat, ce que je regrette d'ailleurs, mais plutôt avant et après. Avant parce que, avec les Universidades Laborales de l'Opus Dei où nous étions en mission pour Bruxelles en préparation de l'adhésion européenne, ce fut mon premier contact avec l'Espagne de la Movida madrileña et, l'ami poète aidant, des fiestas interlopes à la Almodovar. Inoubliable pour moi la soirée avec lui au Grand Hôtel : De là, après quelques sorties hambourgeoises, date sans doute notre complicité, pour le meilleur et pour le pire. Après notre séjour je suis retourné plusieurs fois à Madrid, d'où nos connaissances même intimes avaient disparu, mais je me souviens particulièrement d'une soirée assez souterraine offerte par un diplomate atypique (pas tant que cela finalement !). Grâce à lui, après le passage obligé au café Girón du Paseo de Recoletos, histoire de s'apprivoiser réciproquement, je réalisai, dans des lieux des quartiers de Chueca, Malasaña ou peut-être de Lavapiés dont j'ai oublié les noms mais parfaitement conformes à mon imaginaire, musique et gastronomie incluses, ce que je n'avais qu'effleuré à l'époque. On objectera avec raison que je suis passé à côté de l'Espagne, à part peut-être l'Andalousie de Góngora, comme d'ailleurs du Maghreb ou de l'Allemagne, et que je n'ai rien vu et rien compris de Madrid mais peu m'importe puisque la ville chère au vieux professeur Tierno Galván, mort de notre temps, existe encore en moi-même, même si elle est plus forgée par une culture importée que par une expérience réelle. Je rêverai ou me souviendrai longtemps de certaines figures inconnues et atypiques qui m'ont marqué, de ces célébrités politiques côtoyés de par mes fonctions, comme superficiellement Miguel Boyer, l'as de l'économie et de la com, ou plus profondément Peces-Barba et ses conversations autour des meilleurs vins de Bordeaux de l'Assemblée Nationale. Tant d'autres et aussi bien des moments forts, comme la grève ou les alertes à la bombe, dont ces vignettes se feront sans doute encore l'écho. Sans compter qu'une certaine Luna, pour Papito et Mamita, est bien un peu quelque part un écho de la movida madrileña, la Luna de Madrid ! Voir Repères bio[D-E-F]

 

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