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Vignettes mémorielles

L'ancillarité des documentalistes

4 Août 2016 , Rédigé par Jean-Pierre Maillard Publié dans #Education, #Media

L'ancillarité des documentalistes

Il y a beaucoup de métiers dans notre système national d'enseignement que j'ai toujours eu du mal à comprendre, tout en ayant rencontré dans ces fonctions parfois jadis considérées bêtement comme subsidiaires, voire ancillaires, à côté de nullités crasses protégées par leur statut, des personnes extraordinairement efficaces, utiles et même adorables. Ainsi par exemple des documentalistes et des conseillers d'orientation ou d'éducation, qu'on m'a, figurez-vous, demandé un temps au titre de la « coopération éducative » de promouvoir en Allemagne où je sévissais comme une sorte d' « attaché culturel » et où on se passait même de proviseurs, au moins à plein temps. Si je n'ai guère aimé les documentalistes (sauf une qui a bien du mérite et a fait merveille dans l'international, et particulièrement avec la LEE), c'est peut-être parce que j'avais plutôt tendance, même si je la combattais, à mépriser les tâcherons de quelque tâche que ce soit.
Car en réalité cette tendance à l'exhaustivité du travail bien fait était très forte en moi. C'est ainsi que mon mémoire de maîtrise s'est arrêté à l'introduction méthodologique parce qu'il faisait déjà 50 pages à démontrer mon incapacité à traiter le sujet (ou le manque d'intérêt de celui-ci, « le thème de la prison dans l'oeuvre de ...Claudel » !). C'est ainsi aussi que je me suis lancé dans l'aventure absurde du DSF. Ce manque de créativité et le poids dissuasif de la documentation, y compris des notes en bas de page (qui seraient, avec les parenthèses, ma tendance naturelle, même ici) me vient en partie de ma formation classique à tendance scolastique mais peut-être aussi de mon hérédité, comme mon goût suranné pour les bibliothèques. N'étant, il s'en faut, ni un « génie de la mémoire » à la manière du bouquiniste Mendel de Zweig (Quelle extraordinaire nouvelle sur la mémoire et l'oubli !), ni totalement autodidacte à la Roquentin, je ne crois pas avoir (trop) la libido classificandi mais je pense à mon père, à la fois professeur et bibliothécaire, nous faisant faire des fiches et qui est mort en découpant ses articles du Monde, les pliant ensuite à la dimension d'un fichier en bois assorti de cartons de classement. Nous n'eûmes plus à la fin qu'à brûler ces papiers devenus inutiles. Comme dit Valéry (qu'il aimait beaucoup), (sic) transiit classificando...

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