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Vignettes mémorielles

Christus, jésuites en revue

11 Septembre 2016 , Rédigé par Jean-Pierre Maillard Publié dans #philosophie-religion

C'est le nom d'une revue de Jésuites. Elle est moins prestigieuse que Etudes, chère au cher vieil oncle Pierre, intellectuel polytechnicien de la famille cherchant des auditeurs, mais elle existe encore. On peut même se procurer sur leur site l'article intitulé « La liberté du croyant » que j'écrivis jadis, « jeune professeur au lycée de Sedan », sous l'égide de Pierre T, mon professeur de philo de terminale auquel je sais gré de m'avoir fait son interlocuteur à l'époque des CDJ, et du PK de la PU (la JEC de l'Université). Sigles surannés et mémoire paradoxale de l'internet, mais aussi période fondatrice. En y repensant, je suis partagé entre deux sentiments : A première vue, de même qu'on est généralement tenté de détruire ses carnets de jeunesse, j'ai envie de m'interroger comme Régis Debray, avec lequel j'étais souvent d'accord (car à la fin car je n'ai pas du tout aimé le ton aigri de Madame H) : « Moi, des conneries pareilles ? » (Loués soient nos seigneurs). Il conclut : « Un autre moi, un autre temps, un autre monde ». Cet article de Christus, qui ne fut en réalité que participation à une enquête sur une partie d'une société en voie de disparition, n'est plus, comme d'autres contributions et publications (Prisme par exemple) évoquées dans ces vignettes, qu'un jalon, une anecdote autobiographique, témoignant tout au plus d'un désir de liberté, d'un certain goût de l'écriture calibrée, d'un flirt avec la sociologie, d'une tentation de la philosophie et même de la théologie jésuite, toutes faiblesses qui n'ont pas peut-être pas complètement disparu. Mais la question de l'authenticité, du collectif et de la responsabilité demeure. On est toujours en recherche, pas forcément de cohérence mais d'explication ou au moins de sens, ne serait-ce que pour la transmission. Comment, quand et pourquoi passer du religieux (pour ne pas dire de la Foi) au laïque et à un athéisme assumé ? Et quelle responsabilité politique ou croyance alternative mettre en œuvre ? Certains font des chemins inverses, d'autres ne se sont jamais posé ces questions, qui ne sont d'ailleurs peut-être pas, au regard de l'action ou de l'éthique, d'une si grande importance. Je peux dater mon basculement définitif de notre départ pour l'étranger, qui m'a peut-être coupé d'influences et d'amitiés essentielles, au profit d'autres, mais les prémices sont beaucoup plus anciens. Pas de révélation à l'envers, peut-être un simple rejet de la bigoterie maternelle ou une reconnaissance tardive du père, il faudrait voir, mais la psychanalyse ne me tente guère et le fait que ce basculement fut partagé montre bien qu'il s'agit plus d'une évolution sociétale. Reste à mes yeux le point le plus positif, l'évidente et fondamentale influence culturelle et même politique qu'aura eue sur une grande partie de notre génération, nonobstant une aussi forte aspiration laïque, la formation classique et religieuse, au même titre d'ailleurs que les antiquités classiques. De nombreuses vignettes comme Stabat Mater, Orval ou Ma Chapelle en témoignent ici. D'où l'idée, que l'ami poète, lui-même ancien futur évêque, partageait avec l'Emmanuel Carrère du Royaume, que nous ne sommes en aucuns cas des infidèles, notion de plus parfaitement récusable. Dommage quand même qu'on ne m'ait pas parlé plutôt de Bernanos et pas mieux de Péguy ! Voir repères bio[B]

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