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Vignettes mémorielles

Cousinons la cousine

1 Novembre 2016 , Rédigé par Jean-Pierre Maillard Publié dans #Langage et Linguistique, #Littérature

« Ce ne sont pas des mains de cousine / Ni d'ouvrières aux gros fronts » (Les Mains de Jeanne-Marie). Dans ce poème de Rimbaud du temps de la Commune, le mot évoque une couturière, une cousette (Cf. Cosette), à moins que ça ne soit une manufacturière, sans exclure le sens de grisette . Le mot ne se prête-il pas à toutes les évocations , comme dans cette strophe étonnante Papillon de Lasphrise en joueavec maestria : "Cousinons la cousine, elle est cointe et jolie / Elle aime à cousiner et ne refuse rien / Au cousin cousinant qui la cousine bien.(...)/ Cousinons donc, cousins, un chacun à son tour, / Cousinant à rangette [J'ignore le (double)sens de cette expression] on cousine en amour, / Que chaque cousineux en cousinant s'assemble ! » Qui n'a rêvé de cousiner sa cousine (ou simplement de "niquer sa cousine", comme on ne dit déjà plus maintenant) ? Ou encore de lui conter fleurette par procuration dans le style de La Nouvelle Héloïse. Et même comme Proust d'imaginer qu'il a « connu pour la première fois les plaisirs de l'amour » avec elle sur le canapé de la tante Léonie.. Et que dire de ce beau mot de cousinade, terme courant et pourtant ignoré de Robert (comme cousinable appliqué à Chateaubriand dans le sens d'aimable par ses amies romaines)? Proust aurait pu l'inventer. Plus âgées les cousines peuvent aussi évoquer les filles célibataires d'un grand oncle qu'on aura été voir régulièrement jusqu'à leurr âge très avancé. Une avait été holé holé dans la reconstruction et la chasse, l'autre avait subi la rigueur paternelle des Croix-de-feu jusqu'à rester ...couturière et vieille fille. Un neveu devenu aviateur, le mot est resté aussi dans la famille, disait : On va voir les filles...Cousin, cousine...
Voir Repères bio[A]

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