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Vignettes mémorielles

Les lieux d'écriture (Margut)

Rédigé par Jean-Pierre Maillard Publié dans #Ardennes-Touraine

Margut mon Combourg. C'est ainsi que commençait mon premier poème, qui fut d'ailleurs l'un des derniers ! Mais l'aventure dure encore car elle existe toujours, et reste une villégiature d'été, la ferme reconstruite après les bombardements de la guerre 14 par la famille où devait rentrer la « Tata Germaine ». Une figure aussi celle-là pour me recevoir en vacances avant que mon père ne rachète et n'aménage la maison dans des circonstances assez rocambolesques. Le harcèlement des cousines de la propriété près de l'église, l'adoubement par la sévère « bonne maman », mère de Mam' , dite la générale (parce que veuve d'un colonel), le fameux cheval Bijou, les promenades en vélo, les parties de tennis et les messes pour enfant de cheur et même les mâtines à Orval, bref les amours d'enfance qui deviendront celui d'une vie après les retrouvailles parisiennes, et tant d'autres souvenirs à la Grand Meaulnes...
C'est évidemment la raison principale de notre profond attachement à cette demeure familiale car le village lui-même, où est née ma mère et où elle a dramatiquement perdu sa propre mère, écrasée en sortant d'une gare désormais fermée, n'a pas les attraits champêtres des villages alentour comme Bièvres ou Herbeuval. Situé au bout de la ligne Maginot, sur la ligne du « Calais-Bâle », au carrefour de la Meuse (non loin de la basilique d'Avioth), de la Belgique (gaumoise) et de mon Sedanais natal, autrement dit à la lisière de la Francité et de la Germanité (Il y eut même en 980 un « traité de Margut » qui fixait les frontières après l'éclatement de l'empire carolingien), il est surtout, à quelques verstes d'Orval, au pied de la colline de Saint-Walfroy. Là haut, le seul styliste d'occident, venu de Lombardie à la grande époque de l'évangélisation, brisa la colonne de la déesse Arduinna (sorte de Diane d'origine celte) avant que l'on brisât la sienne propre au profit des évêques désormais triomphants. Bref, nous avons, j'ai aussi, notre colline inspirée (Espérons qu'elle le soit plus que celle de Barrès !) et Ardennes et Margut sont désormais synonymes. Car, moins impressionnante peut-être, la grande forêt shakespearienne dans mes rêves est toujours là.

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