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Vignettes mémorielles

Proviseur, un métier ?

1 Novembre 2016 , Rédigé par Jean-Pierre Maillard Publié dans #Education, #Enseignement international

Quand on me demande « ce que j'ai fait dans la vie », je réponds que j'ai été proviseur. Il est clair pourtant que je n'avais ni appétence ni charisme pour un métier auquel je suis venu par hasard et non par concours (il n'existait pas encore à l'époque) et dont je n'ai jamais voulu faire carrière. Il m'a énormément (et même trop) occupé, au détriment d'autres destinées, mais m'a apporté bien des satisfactions, pas seulement professionnelles, avec beaucoup de moments intenses. Il y a même quelques fans qui s'en souviennent encore et pensent que j'ai y vraiment réussi. Ce qui évidemment ne veut strictement rien dire.
Car il suffit de tomber au bon moment et d'être bon gestionnaire ou de tempérament ecclésiastique, ce sont les deux contextes originels (économie et religion) du terme. J'en ai connu d'excellents des deux types mais il est quasiment impossible d'être les deux à la fois et il y en a qui ne sont ni l'un ni l'autre. Pour réussir, il suffit d'avoir du sang-froid et un peu d'esprit de décision, de croire en l'éducation (ce qui est essentiel mais devient rare), d'être autant que faire se peut à l'écoute (y compris de l'histoire), d'être un peu conservateur mais plutôt réformateur, voire même un peu architecte, et surtout d'avoir de bons adjoints ! J'en ai eu, volontiers primus inter pares, jusque quinze à la fois, souvent excellents, mais j'en ai quand même fait virer deux (Pour une fois merci à l'Inspection Générale !) qui voulaient être calife à la place du calife !
25 ans (5 postes) d'un apostolat que je n'aurais pas supporté si je n'avais pu souvent m'échapper et si la fonction n'était pas, même en France, très diplomatique, ce qui permettait de snober la hiérarchie. Comme élève (bon mais chahuteur) j'étais plutôt du genre à me faire convoquer par le protal, surtout dans l'affaire des Conseils des jeunes. Comme enseignant, j'ai commencé par soulever la communauté contre ma première principale de collège, qui l'avait bien mérité. Il est vrai que c'était après 68, mais j'ai recommencé à Bogotá parce que le proviseur n'entendait rien à la pédagogie. Et puis, après avoir quitté l'enseignement, je me suis retrouvé parachuté dans cette fonction, et d'emblée au plus haut niveau, dans des conditions très particulières. Ça m'a plu, y compris dans les moments difficiles, comme la grève à Madrid, et ensuite je n'ai quitté les postes occupés que pour éviter de m'y encroûter ou partir en retraite. J'ajoute qu'il n'y a pas eu de préretraite en la matière, le dernier poste, le Lycée International mis à part, ayant été le plus prenant et excitant, le précédent ayant été plus littéraire. Un petit regret : Que Rome n'ait pas été libre au bon moment. Un autre : avoir parfois eu des successeurs nuls. Une satisfaction : m'en être bien tiré après un prédécesseur plutôt génial. Un problème qui ne sera jamais résolu : celui des rythmes scolaires, qui m'a passionné. Mon souvenir le plus kitsch : avoir fait danser (pas chanter) la déléguée syndicale. Tout un symbole ! On en trouvera quelques autres parsemés dans ces vignettes.
Voir Repères bio[E-F-G-H]

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