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Vignettes mémorielles

Les toits de Rome

19 Décembre 2016 , Rédigé par Jean-Pierre Maillard Publié dans #Voyages-Géographie, #Beaux-Arts

Hôtel Raphaël Rome

Je n'ai pas le syndrome de Florence cher à Stendhal ni, malgré La Prisonnière, celui de Venise mais bien celui de Rome. En revoyant récemment le film La grande belleza de Paolo Sorrentino, comme quoi il y a toujours (merci la France) un cinéma italien, j'ai, magie de la langue et références à Fellini incluses, revécu une fois de plus quelques moments essentiels passés sur la terrasse d'un magnifique appartement donnant sur les toits de Rome, à une époque (après Madrid) où j'ai caressé le rêve d'être nommé dans la ville éternelle. J'étais en visite « professionnelle » logé par une collègue et là une rencontre, rencontre de rêve précisément et qui fut sans lendemain mais qui est restée totalement présente comme la bellissima dans ma mémoire, rencontre qui fait, avec bien d'autres raisons, que n'avoir jamais vécu à Rome reste un de mes vrais regrets. Je crois que je m'y sentirais bien et j'ai pensé longtemps, peut-être à la manière du Goethe des Elégies , qu'on pourrait volontiers y mourir. Cette scène de la terrasse romaine, avec la vue sur les toits que fait parfois ressurgir aussi une mélodie de Keith Jarrett, revient dans mes rêves, avec souvent un clair de lune, une sorte de résonance ophélienne renvoyant probablement à un amour odilesque d'enfance, et se conjugue alors avec d'autres scènes à évoquer, mais je n'en ai pas l'inventaire et n'en ferai jamais le tour.
Il ne me reste avec ce regret qu'
un peu de la langue, au moins à l'écrit, ayant passé jadis et naguère trois semaines à Urbino à l'issue desquelles, latin aidant et motivation (pour l'opéra découvert à Vienne), je ne me débrouillais pas si mal, et je la préfère de beaucoup à l'espagnol. Je m'en servirais volontiers encore (merci quand même pour les sous-titrages à l'opéra), j'en lis parfois la presse ou quelque livre facile. Ce sont des destinations de voyages que nous exploitâmes jadis et qui demeurent assez proches. Les grands lacs romantiques, Venise (La Prisonnière l'a bien fait), Perugia (souvenir ému d'une arrivée nocturne et solitaire pour un colloque sur l'international), Florence bien sûr et Rome. « Chekina, la duchesse fait-elle l'amour avec monsignore ? Non, pas encore. ». Ou trop tard.
Je suis sans doute dans cette affaire une sorte de terzo incommodo (Stendhal y met 2 m, l'italien étant la langue de l'amour). Il paraît que le concept est surtout politique, alors que pour moi il s'agit plutôt de Fabrice ou du comte Mosca devant la duchesse de Parme.
Voir Repères bio[F]

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