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Vignettes mémorielles

Indochine, Indochine...

13 Janvier 2017 , Rédigé par Jean-Pierre Maillard Publié dans #Musique, #Beaux-Arts

Impossible malheureusement, dans la tonalité de ces vignettes, de ne pas évoquer ce mot d'Indochine familièrement (auto-)censuré sans avouer ceci : Bien avant de faire, bien des décades après et comme dernier avatar de mon expertise professionnelle sur l'enseignement international, un voyage périlleux mais fort instructif dans ce Vietnam en marche forcée vers le capitalisme, il m'était souvent arrivé, auprès de certains jeunes interlocuteurs, de fanfaronner ainsi : Au même titre que j'étais né un 29 février (d'une année non bissextile!), j'avais fait la guerre d'Indochine et j'en ai même gardé un stigmate de( trou de) balle que je peux encore exhiber , en réalité une vulgaire trace de cuti sur l'épaule gauche ! Beaucoup, et même des aviateurs, l'ont longtemps cru, ce qui prouve qu'on peut dire n'importe quoi sans vergogne, ce que font couramment les politiques et les séducteurs, et je n'en fus hélas pas peu (pas) fier. Cette blessure imaginaire était en fait celle reçue par mon père en 1940, qu'il m'avait dévoilée, comme jamais et comme peu de lui, un jour dont je me souviens encore. Aux psy de jouer !
Ceci étant, cette mauvaise plaisanterie mise à part, et bien loin du groupe de rock éponyme dont je ne sais à peu près rien, mon
Indochine à moi reste totalement liée à l'oeuvre qui m'est contemporaine de Marguerite Duras. Cela ne m'exonère certes pas du péché générationnel de colonialisme, mais si je ne manquais pas de m'amuser et de faire rire en famille en sifflant comme tout le monde Le Pont de la Rivière Kwaï, c'est bien la mélodie d'
India Song que je retiens. Monte alors en moi l'image de Delphine Seyrig, puis par substitution (il doit y avoir un nom spécial pour la figure de style que cela constitue) la voix de Jeanne Moreau, la récitante extraordinaire de l'Amant. Nous avons eu il y a quelques année le privilège de la voir (dans la carrière de Boulbon du festival d'Avignon) dans la sublime récitation de La Guerre des Juifs (Flavius Josèphe par Amos Gitaï). Ces évocations volontaristes, sur fond d'épique errudition à la Genette, créent des sensations rares où les couleurs et les sons se répondent, où les images s'épaulent en fondu enchaîné avant que cela ne meurt ou qu'on se réveille. Il y a dans ces méditations momentanées pour passer du trivial au sublime des respirations erronées mais essentielles.
Voir Repères bio[A-B-I]

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