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Vignettes mémorielles

De quoi Pénélope est-elle le nom ?

20 Février 2017 , Rédigé par Jean-Pierre Maillard Publié dans #Actualité, #Politique

Dessin de Fanzine Zebra

Parler politique, on n'arrètera pas cette année, mais je voudrais commencer par réagir au Penelope Gate (!). Trop facile de s'amuser en connaisseur de l'Odyssée d'un nom pareil (mais en grec c'est aussi un nom d'oiseau !) ou de faire étalage d'une culture d'initié à la Badiou ou même à la Lacan. Laissons cela, comme les caricatures faisant tapisserie ou filant mauvais coton (très peu sur Google, qui a bien l'air d'être expurgé), à certains organes de presse au demeurant indispensables et que pour ma part je continue pour l'instant à garder comme prescripteurs (je ne parle pas du Canard, qui n'en fait pas partie). Mais l'affaire est d'importance, car les conséquences politiques seront réelles : je ne comprendrais pas, quoi qu'on pense de son programme (Et c'est peu dire que ce n'est pas le mien), qu'on puisse voter pour un Fillon qui s'est affiché en parangon de vertu, si l'on croit encore un peu à la nécessité d'une morale, qu'elle soit (d'origine) chrétienne ou autre, sauf à considérer définitivement qu'il ne peut y avoir de morale en politique ni de cohérence entre son éthique personnelle et son vote citoyen. C'est pourtant ce que beaucoup pensent, qui finiront, sauf à s'abstenir, par voter « utile », c'est-à-dire pas pour son candidat, à supposer qu'on en ait un. Et ça peut marcher dans le cas de Fillon, pour peu qu'il soit au deuxième tour, ou être catastrophique s'il n'y est pas puisqu'une bonne partie de ses électeurs se reporteront sur Le Pen, sauf si Macron est encore présent.
Bref je n'en sais pas plus que quiconque, et il faudra se résoudre à tenir ici de temps en temps, voire s'il le fallait dans les réseaux sociaux (pour ne pas leur laisser le monopole de la propagande), le journal de nos utopies, de nos désillusions ou de nos reniements. Mais l'affaire Fillon nous force dès maintenant à nous pencher quand même sur le sort de la pauvre Pénélope. Car certains d'entre nous, à droite comme à gauche, parce qu'ils refusent la haine, peuvent éprouver une certaine compassion, empathie, faiblesse, voire fascination (appelons-cela comme on veut) pour Madame Fillon, employée de maison ou châtelaine, et ce au risque d'enclencher un débat de plus sur le féminisme (Voir la polémique enclenchée par Elisabeth Badinter...), comme Macron, sans le vouloir, sur le colonialisme. Débats indispensables, bien plus importants il est vrai que la question : faut-il condamner, excuser, pardonner, absoudre, et qui ?
Elle, Pénélope, y est-elle pour quelque chose ou pour rien ? Recel, complicité, inconscience, bêtise ? Dieu sait (!) que je ne sous-estime pas la question de la culpabilité et du pardon, mais il demeure qu'on peut (d'aucuns disent on doit) pardonner à l'individu Fillon, mais en aucun cas l'élire, que ce soit à Sablé, le Mans, Paris et encore moins comme président de la République.

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