Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Vignettes mémorielles

Résistance du vote

23 Avril 2017 , Rédigé par Jean-Pierre Maillard Publié dans #Politique, #Actualité

Tenter d'expliquer ou de comprendre son propre vote ou celui des autres, comme je l'avais promis, est mission impossible, car l'irrationnel fait partie de toute conduite, y compris en politique. Depuis le début, déjà lointain, de cette campagne j'ai observé dans mon entourage ou mes rencontres, sans compter les innombrables positionnements enregistrés chez mes prescripteurs media, toutes les positions (et leur évolution). D'où mon silence depuis ma réaction du 2 avril, car la politique, tant qu'elle passionne, peut nous détourner de l'essentiel. Juste après, en ce jour de vote, avoir mis un bulletin dans l'urne, voici, en attendant le résultat de ce soir et le deuxième tour, où nous en sommes.
N'étant pas, à ma génération, de droite mais de gauche (même si cela n'a plus beaucoup de sens), je peux comprendre ceux qui par choix ne participeront pas, voteront blanc ou nul, ou voteront pour les petits candidats « extrémistes ». Cela fait un spectre assez large, une proportion importante des présumés citoyens et met en cause, ce qui peut être fondé en raison, notre forme de démocratie et notre système électoral. Beaucoup n'ont pas ou plus peur, d'autres traduisent seulement un scepticisme ou un égoïsme généralisés, certains finiront par voter « à droite » (par peur ou conservatisme), tous sont respectables et ont même souvent un comportement (de type anarchiste), une intelligence (de type trotskyste) et même un engagement solidaire (de type communiste, au sens classique ou des communs), impressionnants mais la discussion avec eux est difficile voire impossible. Ils sont même « maintenant » parfois « invisibles ».
A droite on trouve, par peur ou mépris des partisants de l'ordre pur et dur et des haïsseurs de l'autre, par conservatisme des propriétaires ou des privilégiés, par ambition des mondialistes ou des séducteurs à courte vue, par habitude des nostalgiques aigris et des conservateurs « religieux ». Certains auront voté pour des « petits » candidats plus ou moins souverainistes ou antieuropéens qui se rallieront le moment venu (mais peut-être trop tard de leur point de vue). D'autres, par rejet des autres personnalités, voteront sans doute Macron, qui est bien un représentant de la droite et pourrait avoir leur suffrage au deuxième tour, s'il fait assez de voix à gauche ! Mais la majorité, par bravade, dépit ou pur conservatisme, se prononcera pour Fillon ou Le Pen car, mis à part la question de l'Europe (qui est bien évidemment capitaliste mais à laquelle personne ne comprend malheureusement rien), leur électorat est très compatible. On (re)fera l'analyse après coup : Inutile de dire que je n'ai jamais imaginé de me prononcer pour un régime potentiellement totalitaire et isolationiste ou pour un candidat aussi peu (ou aussi bien?) représentatif de son propre programme. Le mensonge, la corruption et le cynisme sont peut-être inhérents à l'action politique mais cela je ne l'ai jamais admis et en plus je ne cromprends pas qu'y cédant on puisse se revendiquer de valeurs « chrétiennes », toutes laïcisées qu'elles puissent être. J'espère simplement toujours ne pas avoir à me retrouver dans quelques heures entre Charybde et Scylla.
A gauche, la question qu'on s'est posée (encore plus qu'à droite) et qui a été âprement débattue est celle du « vote utile ».Je suis de ceux qui pensent qu'en tout état de cause il faut d'abord choisir entre les candidats en fonction des idées, des programmes et, un peu seulement, même dans le régime actuel, des personnalités. Aucun des « petits » candidats ne me convenait car, si je condamne évidemment (pour le dire vite) le capitalisme (au moins financier), je n'ai pas rejeté complètement le « système ». J'ai encore la faiblesse de penser qu'on peut, soit le réguler quelque peu, mais pas en restant au seul niveau national (C'est pour cela que je reste un européen convaincu), soit y résister par toutes sortes d'actions ou de réactions (en particulier en tant que consommateur), soit en préparant, avec et pour les générations suivantes, l'avenir encore utopique d'une société française plus apaisée, d'une humanité plus solidaire et d'une nature mieux conservée. Bref de grands mots.
Et pour finir, si je n'ai pas (pas encore?) voté Macron (qui reste, malgré l'avantage de sa génération, un héritier du hollandisme), si je n'ai pas voté Mélenchon (Ce fut le plus tentateur et tentant, malgré un programme dont une partie pourraît malheureusement seoir à des extrémistes...de droite), j'ai donc voté, déjà par défaut, Hamon, dont la principale contradiction fut d'appartenir à un parti...socialiste. Aura-t-il au moins le courage d'appronfondir, d'abord d'expliquer puis d'en faire un vrai socle de rénovation, toutes les conséquences pratiques et politiques, et du revenu universel et d'une vraie écologie. Mais pas tout seul, car il n'a aucune chance (même remarque pour Mélenchon et Macron) et pas au sein et avec un seul parti. Car les partis c''est fini. Ou alors que Mélenchon gagne vraiment, et pas tout seul non plus ! Alors ce sera le grand bouleversement attendu. Sinon il faudra bien se résoudre à la résistance.

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :