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Vignettes mémorielles

La citoyenneté à distance, encore un tour

6 Mai 2017 , Rédigé par Jean-Pierre Maillard Publié dans #Politique, #Actualité

Ne pas gagner tout seul, concluions-nous il y a quinze jours. Ni perdre. La politique est un jeu de dupes, parce que la vie n'est peut-être elle-même qu'un grand Jeu. Et qui aura gagné, qui aura perdu ? Les grands (les riches, les cultivés) n'ont pas grand-chose à perdre, les petits (et les étrangers, qui ne votent pas) beaucoup, les moyens (c'est qui ?) c'est à voir. Mais il faut voter, même si ça risque fort de ne servir à rien sinon de caution. Avant même d'avoir le droit de vote (qu'à l'époque des CDJ il fallait encore conquérir), il m'était impossible d'y renoncer, ce n'est ni dans mes gènes, ni dans l'histoire de ma génération, celle de l'après-guerre et des occasions manquées. Et je ne suis pas en accord avec beaucoup de jeunes de maintenant que je continue à comprendre, voire à admirer avec un peu d'envie, car je ne conçois pas la « citoyenneté à distance », celle des « post-baby-boomers » (Vincent Tiberj, Les citoyens qui viennent). Voter donc. Hors de question de m'abstenir, de voter blanc ou nul. Alors comment voter?
Voter contre n'a réussi à personne, ni aux primaires, ni au premier tour. Aux primaires, certains de droite (ou de gauche ?) qui voulaient éliminer Sarkozy ont voté Juppé et se sont retouvés avec
Fillon, ceux de gauche qui ne voulaient pas de Valls (parce que de droite et sortant) se sont retrouvés avec Hamon, et les écolos pour n'avoir pas Duflot ont eu Jadot, qui irait avec Hamon, et sont gros-jean comme devant.
Voter pour, malgré son parti et parce qu'il y avait dans son « programme » de bonnes remises en cause (thème du revenu universel par exemple) fut au premier tour mon choix en faveur de Hamon, (tout en sachant qu'il n'avait aucune chance) parce que je le considérais plus sorti (quoiqu'un peu tard) que sortant et que je n'étais pas pour Mélenchon, parce que trop perso et pas du tout européen, presque souverainiste même), ni pour Macron, parce que nettement à droite. Puisqu'elle était apparemment inévitable, peut-être eût-il mieux valu avoir un affrontement (Quel en eût été le sort?) Mélenchon-Le Pen. De quoi regretter peut-être mon hésitation du premier tour, vouée c'est vrai à faire battre un possible vainqueur. Résultat des courses : il nous reste, faute d'un véritable duel, et à cause de l'absence de la droite comme de la gauche, à choisir de voter contre Le Pen (une extrême droite discréditée et mortifère) ou pour Macron (un programme loin d'être clair ou satisfaisant).
Je comprends qu'on n'y comprenne rien et il en est peu qui ne se sont pas trompés, à commencer ou finir par les media, avec les élites. La politique est bien un jeu de dupes et le pire est que ce n'est pas fini : Soit on se retire sur son Aventin (certaine figures de l'absence, de l'art ou de la philosophie), soit on argumente de façon parfaitement jésuitique (C'est la figure exécrable de beaucoup de catholiques, mais pas seulement), soit on hésite jusqu'au bout (Finalement un vote vaut tout autant qu'un tirage au sort), soit on prend parti. Pour ma part, je ne voterai donc pas contre mais pour, ne laissant pas à d'autres le soin d'éviter par leur vote positif un résultat que tous redoutent ou n'envisagent même pas.
Voilà pourquoi votre femme est muette et, quoique pas du tout macronien et n'acceptant pas d'être vilipendé comme tel (Un peu de tenue que diable !) voilà pourquoi je voterai résolument pour Macron. En espérant, sans trop y croire (c'est le pari!) que de nouvelles donnes (comme l'affaiblissement des partis et des ni-ni) on accouche de quelque chose de positif, au moins au niveau européen.
Mais ce n'est qu'un troisième tour. Attendons demain soir le début du quatrième: Les élections législatives seront encore bien plus compliquées, puisque ce ne sont pas 11 ou 2 personnes qui vont se « présenter » en attendant le tour suivant et ses alliances ou mésalliances, mais bien des centaines dans nos circonscriptions. Citoyens même plus à distance mais à proximité. Mais il faut rester optimiste : Au moins la verticalité et les partis en ont pris un coup, et le sens du local, social, solidaire, planétaire est sans doute, en dépit des apparences, majoritaire. Nous y reviendrons. Et pourtant elle tourne ! Encore un tour !

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