Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Vignettes mémorielles

Tour de veille de dernier tour

16 Juin 2017 , Rédigé par Jean-Pierre Maillard Publié dans #Politique, #Actualité

Avant d'en terminer bientôt, j'espère, avec l'actualité politique et encore plus avec toute réaction à chaud quelle qu'elle soit (Pour cela on verra peut-être avec twitter), je voudrais donner une explication aux votes et abstentions du 11 mai, dernier épisode d'une séquence « historique » qu'il faudra bien un jour contempler sérieusement à la manière du Ricoeur de La mémoire, l'histoire, l'oubli (à relire absolument, à l'opposé d'un pseudo philosophe ridicule comme Onfray) !
         Mettons à part les « fatigués de la démocratie », les « invisibles » dézingués dont le discours confus décourage même les extrémistes de gauche, laissons certains se réfugier dans une sorte de « fuite en avant face à l'alerte écologique », regrettons la démobilisation de beaucoup de verts authentiques qui ne savent plus à quel saint se vouer et de rejetés de la société qui ne peuvent même plus y prendre part, ceux que les media (malgré quelques louables efforts depuis quelques mois) et nous avec, faute de contact réel, peinons à reconnaître ou même imaginer. Alors que reste-t-il ?
         Avec cette abstention majoritaire, signe de l'obsolescence de notre démocratie, accentuée par un système électoral injuste et conservateur et une vision faussée de la « société civile », il ne reste, comme déjà dit dans mes précédentes vignettes, que les deux extrêmes pour longtemps en peine de vote et un centre informel et hypertrophié, qui ne signifie peut-être pas autre chose justement que l'envie de ne pas toujours être minoritaire. On se cherchera donc et cela remet en cause ou oblige à redéfinir beaucoup d'idéologies mais aussi de combats (comme le féminisme, l'antiracisme, la laïcité, le consumérisme, une certaine éthique du comportement) et de reconnaître enfin qu'on a, nous les politiques ou les nantis, vécu en marge de la réalité sociale...
         Mais pour ne pas sombrer dans le renoncement et la retraite, qui ne seraient que l'aveu du vieillissement de la génération des trente glorieuses, restait pour nous le pari d'une sorte d'espoir, avec une bonne dose d'affect, essentiel en politique comme dans bien des domaines. : Donnons-lui sa chance, non pas tant à cet homme « jeune » (ce qui ne serait qu'un mauvais pari de type bonapartiste) mais plutôt à cet élan, à ce rêve, à cette force qui va (et qui est donc incontrôlable), à ce désir de changement dont on ne connaît pas vraiment le but, et qui veut faire fi des menaces sécuritaires dont on nous abreuve. Elections comme pari et, retour à la foi populaire et à un sens commun assez archaïque, foin de la bonne vieille analyse marxiste qui a forgé nos conceptions. Telle fut à mon avis la motivation générale, plus ou moins consciente, chacun avec son histoire individuelle et son environnement social. Il serait toujours temps de voir à quel moment par exemple Hulot démissionnera ou qui aura le courage de descendre dans la rue. Mais alors souvenons-nous de
mai 68 : Mai ou juin ?, et aussi que les « jeunes de banlieue [mais aussi des barricades] ont vieilli » (Christophe Guilluy).
         Rencontrant sur un marché en cette veille de dernier tour électoral une vieille collègue de mon âge distribuant des tracts et se présentant aux législatives pour Macron, son apostrophe devant mon sourire apparemment complice fut : Tu es marcheur ? Je n'ai pas compris instantanément, étant marcheur plutôt tendance promeneur. Cela voulait plutôt dire : Tu en es depuis quand ? Je n'en suis pas et demande d'ailleurs à voir, comme dans Mathieu, qui seront les premiers et les derniers ? Mais je ne manque pas d'admirer et peut-être qu'en politique aussi, pour chacun d'entre nous, « al andar se hace camino » (Antonio Machado). Marchons donc, mes amis, mais veillons au grain !

Partager cet article

Repost 0