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Vignettes mémorielles

Lire Confiteor, relire Boussole (2)

29 Juillet 2017 , Rédigé par Jean-Pierre Maillard Publié dans #Littérature, #Musique

Mais je l'ai relu (Confiteor) de plus près à cause ...de Boussole ! J'ignorais presque tout du futur prix Goncourt 2015 , né lui en 1972 mais je l'avais dévoré dès sa parution, probablement attiré par le thème de l'orientation (On nous a a déjà offert une montre allant à l'envers mais jamais une boussole de Beethoven indiquant l'est !) et la connotation viennoise et musicale, ayant moi-même découvert la musique à Vienne, dont les rues n'ont pas changé depuis Freud. En apparence plus érudit (avec un peu d'excès parfois, comme par exemple dans l'évocation de Balzac, sous le prétexte de Mme Hanska), mais avec beaucoup plus d'humour et de poésie, ce livre est fait des mêmes ingrédients et de la même méthode que l'autre, mais en infiniment plus liquide et évocateur en raison de deux thèmes qui l'irradient : la musique, du baroque à à tout le (post)romantique, et le voyage, que ce soit à l'allemande (Goethe, Heine...) ou par le tropisme de l'orient (Rimbaud, Stendhal, Nerval....). Le musicologue Ritter épris du Moyen-Orient, qui n'est autre que l'auteur, orientaliste patenté, connaisseur de l'arabe et du persan, est à la Recherche perdue de la même Sara(h) comme double différent de soi-même. Proust toujours ! « Et sans l'Orient pas de Proust ».
Avec la tragédie de la Syrie (Pressentiment partagé de l'horrible assassinat, juste avant l'attribution du prix Goncourt, de l'ancien directeur des Antiquités de Palmyre, Khaled al-Asaad) , la question du djihadisme est évoquée, mais sera approfondie une autre fois, si tant est que les polémiques s'apaisent... Plus généralement et de façon plus intéressante, Enard évoque l'histoire et le présent de l'Iran, du Liban, de tout le monde musulman, s'insurgeant au passage du simplisme d'un Houellebecq et de quelques autres. Avec son talent d'écrivain, il donne bien envie d'en savoir plus (d'où une première lecture rapide) mais surtout constamment besoin de le relire lentement, toujours porté par l'atmosphère musicale et le sentiment de comprendre à chaque fois mieux les auteurs évoqués, qui sont souvent ceux que j'aime : Magris, Mahler, Liszt, Thomas Mann et Klaus, Strauss, Schubert, voire Wagner et Bizet (après Nietzsche). J'aime qu'on rapporte en si majeur aux vers mystiques de Roumi le
Tristan de Wagner (tout en rejetant Parsifal, mais rien sur la Tétralogie) et le Chant de la nuit de Szymanowski. Tout en donnant envie de (re)voyager (surtout Téhéran, Beyrouth et Istambul) et d'approfondir une connaissance insuffisante de la littérature et de la musique moyen-orientale. Recycler ainsi sans pédanterie toute une culture est la vraie gageure des romans que j'apprécie.

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