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Vignettes mémorielles

Sylvain Tesson a lu Rimbaud

8 Février 2022 , Rédigé par Jean-Pierre Maillard Publié dans #Littérature

Sylvain Tesson a lu Rimbaud

On peut rencontrer Rimbaud dans toutes sortes d'occasions, et (pas seulement pour les Ardennais) sur la route de Verlaine, comme Sylvain Tesson dans Un été avec Rimbaud, petit livre en lien avec sa série d'émissions sur France Inter. Comparer les deux ne manque pas d'intérêt et ce fut pour moi l'occasion de me demander ce qu'on pouvait bien attendre d'un tel lecteur s'attaquant à un auteur aussi mythique.
Sylvain Tesson n'est pas qu'un baroudeur, un casse-cou ou, comme il aime bien dire, un
stégophile , il a une certaine culture sans trop de complexe, une sensibilité qui n'est pas seulement d'écorché vif et un vrai talent d'écrivain, surtout dans les nouvelles ou les descriptions de paysages où il se révèle un vrai « géographe de l'instant ». C'est un passionné et il peut être passionnant, d'ailleurs il a ses fans. Il mérite et a besoin d'être reconnu, même si parfois il exaspère. Il est plutôt réactionnaire (malgré certaines convictions anticapitalistes et écologiques) mais pas sectaire et ne pouvait qu'être scotché par le cas Rimbaud. C'est d'ailleurs de cela qu'il traite, le cas Rimbaud, tout en réglant quelque compte avec son propre parcours.
On en entendra donc autant sur lui que sur Rimbaud, mais c'est un très bon lecteur, passionné, impliqué, et bien documenté. Il donne envie de lire à nouveau et directement le texte, ce qui est évidemment l'essentiel. Il sait, comme il l'assène avec René Char que « Rimbaud poète, cela suffit et cela est infini », mais il est bien obligé d'avoir recours à des commentaires biographiques et à sa propre grille d'analyse où le syndrome du voyage joue un grand rôle.
C'est avec sa propre pérégrination vers la Meuse qu'il commence le volume, suivant le Voyant voyageur sur toutes ses routes, du Chemin de l'enfance jusqu'à La marche à la mort, en passant par Loin de chez nous, en Afrique et même par la marche arthurienne (sorte d'héraldique paysagère guère convaincante).
On ne sera pas toujours en accord certaines interprétations mais on sera gré à Tesson d'avoir saisi et envié celui qui « tend des cordes de clocher en clocher » et de son appétence pour la fulgurance quasi mystique des
voix intérieures qui sous-tend beaucoup de simples mots rimbaldiens. Bonne occasion pour nous de relire du Rimbaud. Je recommande l'édition Bouquins chez Robert Laffont

 

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