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Vignettes mémorielles

Meuse, Moselle

30 Janvier 2016 , Rédigé par Jean-Pierre Maillard Publié dans #Langage et Linguistique, #Ardennes-Touraine, #Voyages-Géographie

La Meuse sera toujours pour moi « la Meuse endormeuse et douce à mon enfance » de Péguy, car ce n'est qu'à Charleville qu'elle oblique vers le Nord, s'embrunit, s'affole et s'enfonce dans le massif schisteux-rhénan et la grande forêt des Ardennes avant de se jeter longtemps après dans le Rhin. Je maintiens d'ailleurs que c'était plutôt au Rhin de se jeter dans la Meuse et que ce n'est (comme toujours en langue) affaire que de rapports de force géostratégiques et de capture. Car on sait que la Moselle c'est la petite Meuse, et qu'elle a été détournée (on dit captée), comme cela apparaît clairement au niveau de Toul, par le Rhin. Et c'est ainsi que la Meuse en perdant son affluent la Moselle est finalement devenue l'affluent du Rhin ! Moselle, petite Meuse. Comme quoi les noms de la topographie et particulièrement des fleuves et rivières sont parmi les plus anciens et cela peut remonter à des périodes antédiluviennes car pourquoi de tout temps la Moselle (La capture a eu lieu au début du quaternaire) se serait-elle appelée petite Meuse ? Il est vrai, comme Claudio Magris (pour le Danube) et bien d'autres l'ont abondamment développé à propos des sources et des affluents, qu'il y a beaucoup de controverse, de frontières et de mythologie là-dedans, comme d'une façon générale dans toute la toponymie. Et si, dans sa grande Mosella, Ausone ne mentionne pas la Meuse, mais seulement son affluent la Chiers (prononcer [Chière] !), qui passe près de Margut (ne pas prononcer le t, ni le u à l'allemande, même si ce sont eux qui ont électrifié le village en 14) et près de La Ferté (prononcer le é) au bout de la ligne Maginot, c'est probablement parce qu'il a déjà clairement perçu l'enjeu de la domination impériale du Rhin. Et si pour ma part je mentionne Margut, que personne ne connaît, c'est pour bien des raisons, la moindre n'étant pas qu'y fut signé en 980 un des principaux traités de dépeçage de l'Empire carolingien. Cela n'empêcha pas cette région du département des Ardennes, entre l'Aisne, la Meuse et la Moselle, de rester pour longtemps le champ de bataille qu'on connaît et le passage obligé des invasions.
Voir Repères bio[A]

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